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    La nature du Mal

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    Lucidius

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    Date d'inscription : 29/07/2017
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    La nature du Mal

    Message par Lucidius le Lun 7 Aoû - 14:38

    (Je ne retranscris pas ici les explications sur l'approche "objective" ou l'approche "relative" du mal dans les campagnes)
    Ce texte est issu des chapitres interdits.

    Définition du Mal
    Bien entendu, que vous adoptiez ou non l'approche objective dans vos parties, les personnages maléfiques ne se qualifient pas toujours eux-mêmes de la sorte. Qu'ils se trompent ou qu'ils mentent, rien ne les empêche de renier leur nature maléfique. Même le plus déséquilibré des assassins saura justifier ses actes au nom de ses croyances, de son dieu ou d'une vision complètement dénaturée de ce que le monde devrait être.
    Un assassin supprimera les enfants qu'il estime faibles ou incapables d'atteindre l'age adulte, tandis qu'un autre éliminera ceux qui selon lui seront maléfiques une fois devenus grands. Peut-être aura-t-il fait un songe prophétique lui annonçant que le Mal grandissait parmi les enfants de cette ville.
    À une plus grande échelle, un prêtre mauvais partira du principe que pour mieux servir les intérêts de son noir suzerain, il lui faut raser un village entier et sacrifier tous ses habitants. Est-ce maléfique ? Oui. Le prêtre considère-t-il cet acte comme maléfique ? Non. Cet acte est pour lui la preuve de son infinie dévotion et l'expression de sa foi. Et quand bien même serait-il conscient de l'ignominie de son geste, il s'en moquerait sans doute éperdument.
    Un dictateur peut ordonner l'élimination d'une race entière de créatures vertueuses sous prétexte d'anéantir des êtres maléfiques. Il peut prendre le contrôle du monde et soumettre ses habitants à l'arbitraire de sa tyrannie. Mais il peut également être convaincu d'être un personnage admirable, persuadé que le monde se porterait bien mieux s'il l'avait pour guide. Cette dernière attitude ne le rendrait pas moins dangereux.

    Contexte et intentions
    La définition objective du Mal implique-t-elle que l'intention n'ait aucun rôle à jouer dans la distinction qui doit s'opérer entre le Bien et le Mal ? Seulement jusqu'à un certain point.
    Prenons le cas du paladin Zophas. En montant au sommet d'une colline pour échapper à un groupe d'ours-hiboux, il provoque un éboulement qui ensevelit les ours-hiboux avant de dévaler le reste de la colline et de s'écraser sur une cabane habitée par de pauvres innocents. Zophas est-il un horrible assassin ? Doit-il perdre instantanément son alignement loyal bon ? Non, même si Zophas peut ressentir une part de responsabilité et de culpabilité. Il peut éventuellement faire de son mieux pour réparer les dégâts qu'il a involontairement causés.
    Mais qu'en serait-il si Shurrin, l'ami de Zophas, lui avait dit : "Ne monte pas là-haut, Zophas ! Tu risques de provoquer un éboulement qui écrasera la cabane ! " et que Zophas soit tout de même parti. Doit-il maintenant être considéré comme un être mauvais ? Probablement. Zophas a fait preuve soit de négligence en mettant en péril les habitants de la cabane, soit d'un orgueil démesuré en surestimant ses talents d'alpiniste. Pour l'instant, Zophas n'est pas précisément un criminel, mais il devrait probablement être déchu de ses caractéristiques de paladin jusqu'à ce qu'on lui lance un sort de pénitence ou qu'il trouve un moyen de faire amende honorable.
    Si Zophas décide, en toute connaissance de cause, de grimper au sommet de la colline parce qu'il veut échapper aux ours-hiboux, cet acte sera indubitablement malveillant. Dans un monde manichéen au sein duquel la distinction entre le Bien et le Mal se distingue clairement, tuer des innocents pour sauver votre peau est considéré comme un acte foncièrement ignoble. Sacrifier sa personne pour le bien d'autrui est un acte vertueux. C'est un principe difficile à mettre en oeuvre mais c'est ainsi.
    Le texte précédent définit trois niveaux d'intention : les actes accidentels, les actes d'imprudence ou de négligence et les actes délibérément malveillants. Cependant ces trois catégories ne sont pas toujours suffisantes pour définir une intention malveillante. Il faut aussi juger un acte dans son contexte.
    Un dément verse du poison dans les conduites d'alimentation en eau d'une ville, en croyant (à tort) que tous les habitants de cette ville sont des démons. Est-ce un acte malveillant ? Oui. Un glabrezu persuade un personnage d'alignement bon que les habitants de la ville sont des démons et qu'ils doivent être éradiqués. Le personnage verse alors du poison dans les conduites d'alimentation en eau de la ville. Est-ce un acte malveillant ? Probablement pas (tout du moins s'il prend si l'on prend en compte le reste des actions du personnage et les circonstances qui l'ont amené à faire ce geste). Quoi qu'il en soit, les personnages vertueux ne devraient en aucun cas commettre des actes plus ou moins douteux. Décider de détruire une ville habitée par des individus maléfiques n'est pas forcément la meilleure attitude à adopter, notamment parce que la ville pourrait également abriter quelques innocents.
    Mais compliquons encore un peu les choses. Un témoin voit le personnage vertueux s'apprêter à verser du poison dans l'eau de la ville. Le témoin agit-il de façon malveillante en tuant l'empoisonneur pour l'empêcher de commettre son acte ? Non. Encore une fois, l'intention n'est pas malveillante, et le contexte rend cet acte préférable à la seconde alternative. Rester les bras croisés pendant qu'une hécatombe s'apprête à décimer la population (ce qui constitue le second choix du témoin) est un acte bien plus malveillant que d'empêcher l'empoisonnement.

    Les zones d'ombre
    Même avec l'approche la plus manichéenne et la plus objective, il reste toujours quelques zones d'ombre. Prenons l'exemple suivant : une terrible maladie s'est abattue sur le village de Varro et le remède se trouve au cœur de la forêt sacrée de Boisvarro. Les villageois partent dans la forêt à la recherche du remède. Les druides de Boisvarro croient que la forêt est sacrée et que personne ne doit y pénétrer. Ils tentent d'arrêter les villageois. Peut-on considérer que l'un des deux camps soit malintentionné ?
    Tous les conflits n'ont pas pour origine la lutte du Bien contre le Mal. S'il est possible que deux nations d'alignement bon entrent en guerre, deux nations d'alignement mauvais le feront avec encore plus d'enthousiasme. Votre personnage doit-il être considéré comme vil s'il tue un personnage d'alignement bon parce que leurs royaumes sont en guerre ? Voilà qui illustre parfaitement ce qu'est une zone d'ombre. Les personnages dotés d'une conception morale extrêmement stricte devraient prêter un attention toute particulière aux raisons qui se cachent derrière cette guerre. En général, le pardon devrait être accordé et accepté. Un tel personnage ne devrait pas causer plus de dégâts ou infliger plus de mal que nécessaire. Il ou elle devrait trouver, si possible, un autre moyen de résoudre le conflit.

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